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Qu’est-ce que la RSE ? Tout ce qu’il faut savoir en 2026

· Reporting extra-financier

La RSE n’est plus une option, mais une nécessité pour les entreprises, qu’elles soient grandes ou petites. Depuis l’entrée en vigueur de la norme VS en juillet 2026 et le renforcement des obligations liées à la CSRD, elle est devenue un levier stratégique pour se différencier, réduire ses coûts et répondre aux attentes croissantes des investisseurs, clients et partenaires. Longtemps perçue comme une démarche réservée aux grandes entreprises, la RSE s’impose désormais comme un outil accessible et structurant pour les PME et ETI, notamment grâce à des cadres réglementaires adaptés comme la norme VS.

La RSE, c’est quoi exactement ?

La Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE) désigne l’intégration volontaire, par les entreprises, de préoccupations sociales, environnementales et éthiques dans leurs activités commerciales et leurs interactions avec leurs parties prenantes. Contrairement à une idée reçue, la RSE ne se limite pas à des actions caritatives ou à des campagnes de communication. Elle s’inscrit dans une démarche globale visant à concilier performance économique et impact positif sur la société et l’environnement.

La RSE repose sur trois dimensions indissociables, souvent appelées les trois piliers du développement durable : environnemental, social, et économique. Le pilier environnemental couvre la réduction de l’empreinte carbone, la gestion des déchets, l’économie des ressources comme l’eau ou l’énergie, ainsi que la transition vers une économie circulaire. Pour une PME, cela peut passer par des gestes simples comme le tri sélectif, l’optimisation des consommations énergétiques ou l’achat de matières premières locales et durables.

Le pilier social inclut l’amélioration du bien-être des salariés, le respect des droits humains dans la chaîne de valeur, ou encore l’engagement en faveur de l’inclusion et de l’équité. Une ETI peut, par exemple, mettre en place des politiques de télétravail, des programmes de mentorat ou des actions pour favoriser l’insertion professionnelle.

Enfin, le pilier économique et de gouvernance concerne la transparence financière, la lutte contre la corruption, l’éthique des affaires, et l’intégration des enjeux RSE dans la stratégie globale de l’entreprise. Cela inclut aussi la création de valeur partagée, où la performance économique rime avec impact social et environnemental.

Historiquement, la RSE était une démarche volontaire, portée par la conviction que l’entreprise a un rôle à jouer dans la société au-delà de sa simple activité économique. Cependant, avec l’évolution des réglementations européennes et françaises, la RSE est désormais encadrée par des obligations légales pour certaines entreprises, tout en restant accessible et adaptée aux PME grâce à des normes comme la VS (ex-VSME).

Pourquoi la RSE est-elle devenue incontournable ?

Adopter une démarche RSE n’est pas seulement une question d’éthique ou d’image. C’est aussi, et surtout, un levier de performance pour les entreprises, avec des bénéfices concrets et mesurables.

D’un point de vue économique, une démarche RSE permet d’identifier des économies potentielles. En optimisant l’utilisation des ressources (énergie, eau, matières premières), en réduisant les déchets ou en améliorant l’efficacité opérationnelle, les entreprises peuvent réaliser des gains significatifs. Par exemple, une PME peut diviser sa facture d’électricité par deux en passant à des éclairages LED et en optimisant ses processus de production.

Sur le plan de la réputation, les consommateurs, les investisseurs et les partenaires commerciaux sont de plus en plus sensibles aux engagements RSE. Une entreprise engagée gagne en crédibilité et en attractivité, que ce soit auprès des clients (via des labels RSE comme B Corp ou EcoVadis) ou des talents. Les jeunes générations, en particulier, privilégient les entreprises responsables, ce qui facilite le recrutement et la fidélisation des employés.

La RSE ouvre également des opportunités commerciales. De nombreux appels d’offres, publics ou privés, intègrent désormais des critères RSE. Par ailleurs, les grandes entreprises soumises à la CSRD privilégient les fournisseurs capables de fournir des données ESG fiables, ce qui crée des débouchés pour les PME conformes à la norme VS.

Enfin, la RSE permet de réduire les risques. Anticiper les réglementations futures (comme la taxe carbone ou les interdictions de certains matériaux) et limiter les sanctions liées à la non-conformité est un atout majeur. Une démarche RSE proactive permet aussi de mieux gérer les crises, qu’elles soient liées à des pénuries de matières premières ou à des pressions sociales.

Les attentes des parties prenantes évoluent également. Les investisseurs intègrent de plus en plus les critères ESG dans leurs décisions, les clients exigent davantage de transparence et d’engagement, et les régulateurs multiplient les obligations légales, comme la CSRD pour les grandes entreprises ou la norme VS pour les PME.

RSE et réglementations : ce qui change en 2026

En 2026, le paysage réglementaire de la RSE a connu des évolutions majeures, avec l’entrée en vigueur de la norme VS et les ajustements de la CSRD. Ces changements redéfinissent les obligations des entreprises, tout en offrant des protections et des simplifications pour les PME.

Depuis le 3 juillet 2026, la norme VS (qui remplace la VSME) s’impose comme le référentiel européen pour le reporting de durabilité des PME et ETI de moins de 1 000 salariés. L’une de ses innovations majeures est l’introduction du Value Chain Cap, un mécanisme qui interdit aux grandes entreprises soumises à la CSRD de demander à leurs fournisseurs (PME/ETI) des informations au-delà de ce qui est listé dans l’Annexe II du Règlement Délégué C(2026) 5011 final. Concrètement, cela signifie qu’une PME peut désormais légalement refuser de fournir des données ESG non prévues par la norme VS, mettant fin aux questionnaires interminables et aux exigences démesurées imposées par les grandes entreprises.

La norme VS élargit également son champ d’application aux entreprises de moins de 1 000 salariés (contre 250 pour la VSME), incluant ainsi les ETI. Elle offre aussi des exemptions pour les micro-entreprises (moins de 10 salariés) : certains indicateurs, comme ceux liés à l’énergie, à l’eau ou aux déchets, deviennent volontaires. Enfin, la norme VS s’aligne sur les ESRS révisées, ce qui a permis de supprimer des métriques complexes (comme l’intensité des émissions GES) pour alléger la charge administrative des PME, tout en maintenant un niveau de transparence suffisant.

La CSRD (Corporate Sustainability Reporting Directive), quant à elle, concerne les grandes entreprises (dépassant deux des trois seuils suivants : plus de 1 000 salariés, chiffre d’affaires supérieur à 450 millions d’euros, ou total de bilan supérieur à 25 millions d’euros). Les entreprises concernées doivent publier un rapport de durabilité annuel, couvrant leurs impacts environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG), selon le principe de double matérialité. Ce principe implique de prendre en compte à la fois l’impact de l’entreprise sur la société et l’environnement, et l’impact de la société et de l’environnement sur l’entreprise. Environ 300 points de données standardisés (contre 1 100 initialement) doivent être renseignés, avec un audit obligatoire par un tiers indépendant.

L’impact de la CSRD sur les PME est indirect mais significatif. Les grandes entreprises soumises à la CSRD doivent en effet évaluer la durabilité de leur chaîne de valeur. Grâce au Value Chain Cap, elles ne peuvent plus exiger de leurs fournisseurs PME des données au-delà de ce que prévoit la norme VS. Cela fait de la norme VS le référentiel maximum pour les exigences ESG imposées aux petites structures, offrant ainsi une protection juridique et une simplification administrative bienvenue.

En France et en Europe, d’autres textes encadrent la RSE. La loi PACTE (2019) encourage l’intégration de la « raison d’être » dans les statuts des entreprises, tandis que la loi AGEC (2020) vise à lutter contre le gaspillage et à promouvoir l’économie circulaire. Le Décret Tertiaire impose quant à lui une réduction de la consommation énergétique des bâtiments. À l’échelle européenne, la Taxonomie classe les activités économiques durables, et la Directive sur le devoir de vigilance oblige les grandes entreprises à surveiller les impacts sociaux et environnementaux de leur chaîne de valeur.

Comment mettre en place une démarche RSE ?

Mettre en place une démarche RSE peut sembler complexe, surtout pour une PME ou une ETI. Pourtant, avec une méthode structurée, il est possible de démarrer simplement et efficacement.

La première étape consiste à réaliser un état des lieux. Il s’agit d’identifier les enjeux RSE pertinents pour votre entreprise : quels sont vos impacts environnementaux (émissions CO₂, consommation d’eau, déchets) ? Quels sont vos enjeux sociaux (bien-être des salariés, diversité, formation) ? Quels sont vos risques en matière de gouvernance (transparence, éthique) ? Utiliser des outils d’auto-évaluation, comme les questionnaires proposés par l’EFRAG ou des diagnostics en ligne, peut vous aider à dresser un premier bilan.

Ensuite, il est essentiel de définir une stratégie RSE en fixant des objectifs SMART (Spécifiques, Mesurables, Atteignables, Réalistes, Temporels). Par exemple, vous pourriez vous engager à réduire vos déchets de 20 % en deux ans, à atteindre 30 % d’énergie renouvelable d’ici 2027, ou à former 100 % de vos managers à la diversité d’ici fin 2026. L’idéal est de prioriser les actions en fonction de vos ressources et de leur impact potentiel.

L’implication des parties prenantes est également cruciale. Sensibilisez vos équipes à la RSE via des ateliers, des formations ou des groupes de travail dédiés. Impliquez-les dans la définition et la mise en œuvre des actions. Collaborez aussi avec vos clients et fournisseurs pour des achats responsables, des produits durables ou des initiatives communes, comme des circuits courts ou une logistique verte.

La mise en œuvre des actions peut ensuite se décliner selon les trois piliers de la RSE. Sur le volet environnemental, vous pourriez optimiser votre consommation énergétique (éclairage LED, isolation des bâtiments), améliorer la gestion des déchets (tri, recyclage, réduction à la source) ou favoriser la mobilité douce (covoiturage, télétravail). Sur le volet social, une politique de diversité et d’inclusion, une amélioration de la qualité de vie au travail (QVT) ou des programmes de formation continue peuvent être mis en place. Enfin, sur le volet gouvernance, la rédaction d’une charte éthique, la mise en place de procédures de lutte contre la corruption ou le renforcement de la transparence financière sont des pistes à explorer.

Pour mesurer et communiquer vos progrès, définissez des indicateurs de suivi. Par exemple, vous pourriez suivre le nombre de tonnes de CO₂ évitées, le pourcentage de fournisseurs locaux ou labellisés, ou encore le nombre d’heures de formation RSE dispensées. Publiez un rapport RSE structuré, conforme à la norme VS pour les PME ou aux ESRS pour les grandes entreprises. Communiquez sur vos engagements et vos résultats via votre site web, vos réseaux sociaux ou des labels reconnus.

Les pièges à éviter

Mettre en place une démarche RSE est une excellente initiative, mais certaines erreurs peuvent compromettre son efficacité ou sa crédibilité. Le premier piège à éviter est le greenwashing, c’est-à-dire communiquer sur des actions RSE sans preuve ou sans impact réel. Par exemple, une entreprise qui se dit « 100 % verte » sans avoir réduit ses émissions de CO₂ ou sans certifications crédibles risque de nuire à sa réputation et de s’exposer à des sanctions, comme des amendes pour publicité mensongère.

Un autre écueil est la surcharge administrative. Il est inutile de se lancer dans un reporting trop complexe ou inadapté à la taille de votre entreprise. Pour les PME, la norme VS offre un cadre simplifié et adapté. Privilégiez une approche progressive plutôt que de chercher à couvrir tous les indicateurs ESRS dès le départ.

Il est également important de ne pas oublier les parties prenantes. Une démarche RSE crédible implique toutes les parties prenantes : salariés, clients, fournisseurs, investisseurs. Ne pas les associer peut conduire à des actions déconnectées des réalités ou des attentes du terrain.

Enfin, négliger la mesure est une erreur fréquente. Sans indicateurs clairs, il est impossible de prouver l’impact de vos actions ou de vous améliorer. Mesurez, analysez et ajustez régulièrement votre stratégie pour garantir son efficacité.

La RSE n’est plus une simple tendance, mais une nécessité stratégique pour les entreprises de toutes tailles. Avec l’entrée en vigueur de la norme VS et les obligations renforcées de la CSRD, elle est désormais accessible, encadrée et protectrice pour les PME et ETI, tout en restant un levier de performance pour les grandes entreprises.

Pour les experts-comptables, la RSE représente une opportunité de diversifier leurs services en accompagnant leurs clients dans la mise en conformité avec la norme VS ou la CSRD, via des outils adaptés comme Treizepourcent.fr.

Pour les entreprises, la RSE est un moyen de réduire leurs coûts, fidéliser leurs clients et anticiper les réglementations. Commencez par un diagnostic RSE, fixez-vous deux ou trois actions prioritaires pour 2026, et mesurez vos progrès. Avec des cadres comme la norme VS, même les petites structures peuvent démarrer simplement et efficacement.

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